La réponse en bref
Florence Pugh apparaît dans deux scènes. La première dans un bain russe qu’elle a transformé en quartier général : elle refuse de parler à Spider-Man tant qu’il n’entre pas dans l’eau, et il s’exécute en gardant son masque. Elle refuse de l’aider, juge son affaire « petites patates », puis lui donne malgré tout la piste qui débloque le film. La seconde est un appel vidéo.
C’est la scène dont tout le monde parle en sortant, et c’est aussi celle qu’aucune bande-annonce n’avait montrée. Au milieu d’un film plutôt sombre, Brand New Day s’arrête cinq minutes pour une séquence franchement comique dans un bain russe.
Voici ce qui s’y passe exactement, pourquoi cette apparition n’est pas un simple clin d’œil, et surtout ce qu’elle répond à une question que le public pose depuis des années.
Qui est Yelena Belova, pour ceux qui ont raté les épisodes
Yelena est la sœur d’adoption de Natasha Romanoff. Formée dans le même programme, elle a d’abord été présentée comme une adversaire avant de devenir une alliée, puis de prendre la suite de sa sœur après sa disparition.
Son trait de caractère le plus reconnaissable est le décalage : elle dit exactement ce qu’elle pense, elle se moque volontiers de l’emphase super-héroïque, et elle traite les moments graves avec un pragmatisme désarmant. C’est précisément ce registre que Brand New Day exploite.
Point important pour comprendre la scène : dans ce film, elle n’est plus un électron libre. Elle dirige une équipe. C’est en cette qualité que Peter vient la trouver.
Faut-il avoir vu quelque chose pour comprendre ?
Non. La scène fonctionne sans aucun prérequis : le film prend deux répliques pour établir qui elle est et ce qu’elle représente. Connaître son parcours ajoute une couche de plaisir, mais n’est pas nécessaire. Notre guide de ce qu’il faut avoir vu avant détaille ce qui compte réellement et ce qui ne sert à rien.
La scène du bain russe, en détail
Pourquoi Peter vient la voir
Peter est bloqué. Il fait face à une menace qu’il ne comprend pas, liée à des installations du Department of Damage Control, et il n’a aucune piste sérieuse. Alors il fait ce qu’il n’a jamais vraiment fait dans les films précédents : il va demander de l’aide.
Ce détail compte plus qu’il n’en a l’air. Tout le film raconte un homme qui essaie de tenir seul, comme le détaille notre portrait du Peter Parker de Brand New Day. Le voir frapper à la porte de quelqu’un est déjà, en soi, un mouvement de personnage.
Le rapport de force qu’elle installe immédiatement
Yelena l’attend dans un bain russe qu’elle a transformé en bureau. Elle est déjà dans l’eau. Et elle pose une condition : elle ne dira rien tant qu’il ne sera pas entré dans le bain avec elle.
Peter finit par céder. Il se déshabille, entre dans l’eau — et garde son masque, ainsi que ses sous-vêtements. L’image est volontairement absurde : le Tisseur, masqué, assis dans un bain chaud face à une femme qui ne le prend visiblement pas au sérieux.
Toute la scène tient dans ce déséquilibre. Elle contrôle le lieu, les conditions et le rythme. Lui est en position de demandeur, et le masque qu’il refuse d’enlever souligne à quel point il reste sur la défensive même quand il demande de l’aide.

Masque Spider-Man
Le masque qu’il refuse d’enlever, même dans un bain. C’est l’objet le plus chargé de la scène — à retrouver dans nos masques Spider-Man.
Voir le produit — 29,90 €« Petites patates » contre « grosses patates »
Le cœur du dialogue tient dans une formule. Yelena explique à Peter que son affaire, ce sont des petites patates, quand son équipe s’occupe de grosses patates.
C’est drôle, c’est méprisant, et c’est aussi la thèse du film. Ce que Peter traverse n’a pas l’échelle d’une menace cosmique : c’est une affaire d’agence gouvernementale, de laboratoire et de personnes disparues. À l’échelle des Avengers, ça ne pèse rien. À hauteur d’homme, c’est tout.
Le film ne souligne jamais ce contraste. Il le laisse fonctionner, et c’est ce qui rend la scène plus intelligente qu’un simple caméo comique.
Elle refuse, puis elle aide quand même
Yelena décline. Elle n’ira pas se battre, son équipe non plus. Mais avant qu’il ne parte, elle lui donne l’information dont il a besoin : la piste se trouve du côté du Damage Control.
C’est ce renseignement qui débloque toute la dernière partie du film. Sans cette scène, Peter n’a pas de direction. Le caméo n’est donc pas décoratif : il est structurel.
Et le ton reste amical. Yelena n’est pas hostile, elle est taquine. Les deux personnages s’apprécient manifestement, ce qui rend le refus plus intéressant qu’un simple obstacle.
La deuxième scène, celle que beaucoup oublient
Yelena revient plus tard, par appel vidéo. La séquence est plus courte, plus calme, et elle sert à autre chose.
Elle y offre à Peter un peu d’aide et surtout des conseils. Là où le bain servait à établir le rapport de force, l’appel sert à montrer qu’elle a suivi l’affaire et qu’elle se soucie de lui, sans jamais le dire frontalement.
C’est aussi ce qui empêche le personnage de n’être qu’une vanne. Une seule scène, elle restait un caméo comique. Deux scènes, elle devient une présence dans la vie de Peter, ce qui compte dans un film dont le sujet est précisément la solitude du héros.

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Le Peter Parker de cette période, celui qui apprend à demander de l’aide. Toute la gamme est dans nos figurines Spider-Man, et les nouveautés liées au film dans la collection merch Brand New Day.
Voir le produit — 79,90 €Black Widow : ce que le film acte officiellement
Un détail dans les dialogues fait beaucoup plus que de la couleur locale : Yelena y est désignée comme Black Widow.
Ce n’est pas anodin. Depuis la disparition de Natasha Romanoff, le titre flottait. Le voir employé à l’écran, dans un dialogue ordinaire et sans cérémonie, l’officialise mieux qu’une scène de passation solennelle.
C’est une manière très économique de raconter une succession : personne n’en fait un événement, donc c’est déjà acquis. Le film applique ce principe plusieurs fois, y compris dans sa conclusion et sa scène post-générique, qui refuse elle aussi tout effet appuyé.
Pourquoi les Avengers n’interviennent jamais : la vraie réponse
C’est la question qui revient à chaque film Marvel depuis quinze ans. Un héros est en difficulté, la menace est majeure, et personne ne vient l’aider. Pourquoi ?
La plupart des films esquivent : les autres sont occupés, injoignables, ailleurs. Brand New Day fait quelque chose de plus honnête. Il met Peter face à eux, et il montre le refus.
Un refus, pas une absence
La différence est considérable en termes d’écriture. Une absence est une commodité de scénario. Un refus est une décision de personnage, avec une justification exprimée à l’écran : la hiérarchie des menaces.
Le film accepte donc de dire que tout ne mérite pas l’intervention d’une équipe mondiale, et que le quotidien d’un héros de quartier n’intéresse pas les instances supérieures. C’est cohérent avec l’ensemble du récit, dont l’antagoniste n’a ni cape ni pouvoir cosmique mais un budget et des autorisations, comme le détaille notre dossier sur Bill Metzger et le Damage Control.
Ce que ça dit du personnage
Peter repart seul. Mais il repart avec une information, et surtout avec la confirmation que demander de l’aide n’est pas une humiliation. Le film boucle là-dessus : il finit par accepter qu’il n’a pas besoin d’être seul pour être Spider-Man.
Vue sous cet angle, la scène du bain n’est pas une parenthèse comique dans un film sombre. C’est le moment où le héros apprend à frapper à une porte.

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Voir le produit — 89,90 €Ce que cette apparition prépare
Yelena est par ailleurs confirmée au casting du prochain grand rendez-vous des Avengers. Son passage dans Brand New Day fait donc le lien entre le film de quartier et le récit d’ensemble, sans jamais forcer le raccord.
Une précision nécessaire, parce que beaucoup d’articles vont plus loin que le film : rien n’indique que Peter rejoindra son équipe. Aucune invitation n’est formulée, aucune promesse n’est faite. La scène établit une relation, pas un contrat.
De la même manière, le film n’annonce ni date, ni titre, ni composition d’équipe. Ce que vous lirez ailleurs sur ces sujets relève de la lecture d’indices et non d’une communication de studio.
Pourquoi la scène divise malgré tout
Elle ne fait pas l’unanimité, et les reproches méritent d’être entendus.
Le premier tient au ton. Le film est par ailleurs sombre — il met en scène des expérimentations sur des êtres humains et une agence qui les couvre. Basculer d’un coup dans la comédie de bain public crée une rupture que certains spectateurs trouvent brutale. Notre synthèse de l’accueil critique du film recense ce reproche parmi les plus récurrents.
Le second tient à la promotion. La scène a fait l’objet de fuites et de spéculations avant la sortie, souvent présentées de façon plus racoleuse que ce qu’elle est réellement. Le résultat à l’écran est nettement plus sage que la rumeur ne le laissait croire, ce qui a déçu une partie du public venue pour ça.
La défense tient en une observation : c’est la seule scène du film où Peter demande explicitement de l’aide. Lui donner un registre léger était sans doute la seule façon de la rendre supportable pour un personnage qui déteste être en position de faiblesse.
Ce que la scène révèle du reste du film
Une apparition de cette nature en dit souvent long sur les intentions d’un film. Celle-ci en dit trois choses.
Le film assume son échelle réduite
Beaucoup de longs métrages du genre passent leur troisième acte à faire monter les enjeux jusqu’à menacer une ville, une planète, une réalité. Brand New Day fait l’inverse : il fait dire par un personnage extérieur que l’affaire est petite, et il l’assume.
C’est un pari, parce que le public a été entraîné à mesurer la réussite d’un film à la taille de sa catastrophe finale. Ici, l’enjeu tient à quelques personnes enfermées dans un bâtiment. La scène du bain sert précisément à faire accepter cette échelle en la nommant.
L’humour sert de soupape, pas de remplissage
Le reste du film est tendu. Une agence expérimente sur des êtres humains, un justicier armé traverse le récit, et le héros vit dans un isolement complet. Sans respiration, l’ensemble deviendrait étouffant.
La séquence du bain arrive à peu près au moment où le spectateur en a besoin, et elle n’interrompt pas l’intrigue puisqu’elle la fait avancer. C’est une soupape qui travaille, ce qui n’est pas si fréquent.
Le héros n’est plus un adolescent
La dynamique de la scène ne fonctionnerait pas avec le Peter des premiers films. On n’y trouve ni mentor bienveillant ni figure paternelle : deux adultes discutent d’égal à égal, l’un moquant l’autre sans condescendance.
Yelena ne le protège pas, ne le forme pas et ne le sermonne pas. Elle lui dit non, puis elle lui donne un renseignement, comme on rend service à un collègue. Ce traitement est cohérent avec le portrait d’un Spider-Man adulte et seul que le film construit du début à la fin.
Le bain russe n’est pas un décor au hasard
Le choix du lieu mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il fait beaucoup de travail en très peu de plans.
Un ancrage culturel qui dit d’où elle vient
Le bain de vapeur est une institution sociale en Russie et dans une grande partie de l’Europe de l’Est. On y discute, on y conclut des affaires, on y règle des différends. Installer le quartier général de Yelena dans un tel lieu, c’est rappeler ses origines sans une seule ligne d’exposition.
C’est aussi une manière de la distinguer des autres figures de son organisation. Là où l’imagerie habituelle du genre montre des bases souterraines et des écrans holographiques, elle reçoit dans un endroit où l’on est nu, détendu et sans arme. Le contraste est délibéré.
Un lieu qui met le héros à nu, au sens propre
Sur le plan dramatique, le bain remplit une fonction précise : il oblige Peter à se dépouiller. Un personnage dont l’identité secrète est le sujet central depuis trois films se retrouve contraint de retirer ses vêtements devant quelqu’un.
Qu’il garde le masque est donc la vraie réplique de la scène, et elle n’est pas prononcée. Il accepte d’être vulnérable physiquement, mais pas d’être identifié. C’est exactement la ligne qu’il tient pendant tout le film, et c’est cette ligne qu’il finira par abandonner dans le dernier acte.
Les questions qu’on se pose en sortant de la salle
Combien de temps dure son apparition ?
Peu. La séquence du bain est courte, et l’appel vidéo plus court encore. C’est un caméo au sens strict, pas un second rôle. Les spectateurs venus pour elle en ressortent souvent frustrés, ceux qui ne l’attendaient pas la trouvent parfaitement dosée.
Faut-il rester après le générique pour la revoir ?
Non. Elle n’apparaît pas dans la scène supplémentaire, qui ne montre aucun personnage à l’écran. Le détail est expliqué dans notre article sur la scène post-générique et la fin du film.
La scène est-elle gênante à regarder en famille ?
Non. Malgré les rumeurs qui ont circulé avant la sortie, la séquence reste très sage : Peter garde son masque et ses sous-vêtements, Yelena est dans l’eau, et le registre est celui de la comédie de situation, pas de la suggestion. Pour les repères d’âge complets sur le film, voyez notre article sur l’âge conseillé.
Est-ce le premier croisement entre les deux personnages ?
À l’écran, oui. Les deux personnages appartiennent au même univers depuis des années sans s’être jamais rencontrés dans un film. C’est aussi ce qui explique l’effet produit en salle : le public reconnaît la valeur d’une première fois.
Change-t-elle quelque chose à l’intrigue ?
Oui, et c’est ce qui distingue ce caméo de la plupart des autres. Sans l’information qu’elle donne, Peter n’a pas de piste et le dernier acte n’a pas lieu. Retirez la scène, le film ne tient plus. C’est rare pour une apparition de cette longueur.
Ce qu’il faut retenir
Deux scènes, dont une dans un bain russe où Spider-Man garde son masque. Un refus assumé, une information décisive, et une passation de titre glissée dans un dialogue ordinaire.
Surtout, une réponse rare à la question la plus posée du genre. Les Avengers n’interviennent pas parce qu’on ne leur a pas demandé au bon moment ou parce qu’ils étaient occupés ailleurs. Ils n’interviennent pas parce qu’à leur échelle, le drame que traverse Peter Parker n’est pas assez grand. Le film ose le dire, et c’est ce qui rend la scène mémorable bien au-delà de sa valeur comique.
