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La réponse en bref

Le film retrouve Peter Parker quatre ans après le sortilège de No Way Home, sa scène d'ouverture se situant neuf mois après ce final. Ce n'est pas un retour triomphal : c'est le portrait d'un homme que plus personne ne reconnaît, dans une ville qui a continué sans lui. La critique y salue très largement l'interprétation la plus mature de Tom Holland.

Spider-Man: Brand New Day est en salles en France depuis le 29 juillet 2026, avec une promesse inhabituelle pour un blockbuster Marvel : celle de ne pas reprendre l'histoire là où le spectateur l'avait laissée. Le chapitre précédent s'était refermé sur un sacrifice, celui d'un Peter Parker acceptant que Doctor Strange efface son existence de la mémoire du monde entier. Le nouveau film ne répare pas cette perte et ne la contourne pas : il l'installe au centre du récit et regarde ce qu'elle a fait de son héros.

La question est rarement posée avec autant de sérieux dans un film de super-héros : que devient quelqu'un dont l'existence sociale a été annulée, mais dont le corps, les responsabilités et les réflexes moraux sont restés intacts ? Peter n'est pas mort et n'a pas perdu ses pouvoirs. Il a perdu sa place dans les souvenirs de ceux qui l'aimaient, et la possibilité même d'être reconnu. Ce vide-là ne se règle pas par un combat.

Quatre ans plus tard : la chronologie exacte d'un effacement

Spider-Man: Brand New Day se déroule quatre ans après les événements de Spider-Man: No Way Home, sa scène d'ouverture étant située neuf mois après le final du film précédent. Ces neuf mois ne sont donc pas le cadre du récit mais son point d'entrée : le film ouvre sur un Peter encore proche de la catastrophe, puis laisse le temps faire son travail. Le film retrouve ensuite un Peter installé dans son isolement.

Cet écart n'a rien d'accidentel. Dans un entretien à Den of Geek, Tom Holland explique que la longue pause entre les deux productions a été assumée comme un outil narratif : « L'une des raisons pour lesquelles nous avons pris une longue pause entre No Way Home et Brand New Day, c'était de permettre aux personnages de grandir hors caméra. » Le spectateur ne retrouve donc ni l'adolescent bavard de Homecoming, ni le jeune homme dépassé de Far From Home, mais un adulte installé dans son anonymat.

Un seul film reste indispensable avant la séance : No Way Home, dont le sort de Doctor Strange fournit le point de départ direct de ce chapitre. Nous sommes revenus sur ce que ce dénouement a changé, sur la mécanique morale de ce sacrifice et sur la question qu'il laisse ouverte : MJ se souvient-elle encore de Peter Parker ? Précision utile : le titre reprend celui d'un récit de comics, traité à part dans notre article sur le grand reset des bandes dessinées. Les deux histoires diffèrent.

Un Peter Parker méconnaissable : ce que la critique décrit

C'est le point sur lequel l'accueil critique anglo-saxon est le plus unanime : la très grande majorité des retours publiés à la sortie saluent ce qui serait la meilleure interprétation du rôle par Tom Holland à ce jour. David Rooney, critique en chef de The Hollywood Reporter, résume son verdict d'un « Never better », et ComicBook.com titre sur « Tom Holland's best performance yet ». Empire décrit un Peter « moins chiot », « endurci et meurtri par le deuil et la solitude ».

Rooney va plus loin dans la description du personnage : « a heavily burdened Spider-Man, rendered more vulnerable by his sense of loss », un Spider-Man lourdement chargé, rendu plus vulnérable par son sentiment de perte. Il salue un film qui « has the good sense to stop banging on about the damn multiverse » et qui « foregrounds the humanity that has always been Spidey's greatest strength ». Mettre l'humanité au premier plan plutôt que les connexions dimensionnelles : c'est ce que permet un héros que plus personne n'identifie.

Le signal le plus fiable vient des critiques les plus sévères

Un consensus se mesure mieux chez ceux qu'il n'a pas convaincus. David Ehrlich, dans IndieWire, n'accorde au film qu'un C- et le décrit comme « a dull and downbeat Marvel sequel ». Il concède pourtant que Holland y livre sa « most nuanced and mature Spider-Man performance to date ». Quand un détracteur sauve l'acteur, l'appréciation cesse d'être un effet d'enthousiasme collectif.

Les agrégateurs confirment, à condition de les horodater. Au 29 juillet 2026, le film affiche 91 % de Tomatometer et le statut Certified Fresh sur Rotten Tomatoes, score alors calculé sur 163 critiques. Sur Metacritic, le Metascore atteint 70 sur 100 pour 42 critiques presse : 32 positives, 10 mitigées, aucune négative. Ces compteurs bougent d'heure en heure, mais l'absence de critique négative reste un indicateur solide.

Figurine Spider-Man Tom Holland

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La solitude n'est pas un décor : elle est le moteur du récit

Le réalisateur Destin Daniel Cretton décrit un Peter Parker « complètement seul », et la presse rapporte que cette détresse psychologique finit par rejaillir sur ses pouvoirs. C'est la différence entre un personnage triste et un personnage abîmé : l'état intérieur contamine la mécanique du héros. Kevin Feige a décrit un « vrai Spider-Man » confronté à des menaces à hauteur d'homme, soit un abandon du chaos multiversel au profit de la criminalité de rue new-yorkaise.

Ce recentrage est le second grand point de consensus. Le mot qui revient le plus souvent chez les journalistes anglo-saxons est « grounded », ancré : Rotten Tomatoes a intitulé sa synthèse des premières critiques « The Most Grounded, Mature Spider-Man Story Yet », et The Playlist le résume en trois adjectifs : « Dark, grounded, vulnerable ». Looper salue le retour aux « street-level stories ».

D'autres cherchent des comparaisons hors du genre : le San Francisco Chronicle évoque « the mature melancholy of The Empire Strikes Back ». Les critiques les plus élogieuses parlent de mélancolie plutôt que de noirceur ; IndieWire, à l'inverse, y voit un film « dull and downbeat ». Notre guide des films Spider-Man dans l'ordre replace chaque interprétation dans sa continuité, et le dossier sur le vrai visage de Peter Parker revient sur ce que le personnage doit à sa vie civile.

La bascule se lit jusque dans les rayons : le nouveau costume alimente une collection Brand New Day plus sombre que les gammes précédentes, quand les figurines Spider-Man et les posters Spider-Man font toujours cohabiter toutes les époques. Nous avons décrypté le design du costume Fresh Start, qui traduit visuellement ce changement d'humeur.

Frank Castle, le contre-modèle qui révèle le vide

Un héros seul a besoin d'un interlocuteur pour exister à l'écran. Jon Bernthal reprend le rôle de Frank Castle, le Punisher, pour sa première apparition sur grand écran dans l'univers cinématographique Marvel. L'arrivée d'un justicier ouvertement létal, sans équivalent parmi les partenaires des précédents Spider-Man du MCU, participe du durcissement général. Face à un Peter que le monde a oublié, Castle représente l'autre issue possible : celle de l'homme qui a cessé de demander la permission.

La critique a validé ce duo. Pour Liz Shannon Miller, de Consequence, qui note le film B+, « Bernthal might be the cast highlight », et c'est un « pure pleasure to watch Frank and Peter yell at each other ». William Bibbiani, dans TheWrap, y voit « a perfect foil for Tom Holland » et qualifie leurs échanges de « comedy gold ». Charlie Ridgely, pour Collider, écrit que « the biggest improvement belongs to Bernthal's Punisher ».

Ce voisinage n'est pas improvisé. Diffusée du 24 mars au 5 mai 2026 sur Disney+, la saison 2 de Daredevil: Born Again se situe, d'après les médias spécialisés, juste avant le film, et Marvel Studios a confirmé que les deux équipes ont travaillé de concert. Deux personnages font le pont : Castle et Sheila Rivera, incarnée par Zabryna Guevara. Lisez notre portrait de Frank Castle et de ses méthodes létales, notre analyse de leur relation instable et notre article sur l'alliance avec Daredevil.

Masque Spider-Man Noir Peter Parker

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Un film plus dur, et les classifications le disent

Le changement de ton laisse des traces mesurables dans les avis officiels. Aux États-Unis, la Motion Picture Association classe le film PG-13, motif « sequences of action/violence and some language ». En France, le CNC a délivré le visa d'exploitation n° 167934 le 6 juillet 2026, classification « Tous publics », sans aucun avertissement associé.

Au Royaume-Uni, le British Board of Film Classification retient la catégorie 12A et quatre descripteurs : « moderate violence, threat, injury detail, implied strong language ». Le troisième n'apparaît sur aucun autre Spider-Man du MCU : No Way Home ne portait que « moderate violence, threat », sans mention de sang. Sa rubrique « Injury detail » décrit des personnages ensanglantés après les affrontements, dont un gros plan sur un visage en sang.

Faut-il y emmener les plus jeunes ?

La classification française n'impose rien, mais les guides parentaux étrangers donnent des repères. Common Sense Media recommande le film à partir de 11 ans et place sa violence au niveau maximal de son échelle, « a lot », en citant des blessures avec du sang, des armes à feu et blanches, des explosions et une scène de torture. OSV News, l'agence catholique américaine, attribue de son côté la cote A-III, réservée aux adultes.

La durée participe de cette densité : 2h25, soit 145 minutes (144 minutes et 49 secondes selon le BBFC, générique compris). C'est le deuxième plus long Spider-Man jamais sorti, derrière les 148 minutes de No Way Home. Tom Holland avait annoncé « un ton plus mature », son personnage entamant « le chapitre le plus sombre de sa vie ». Notre guide costume spécial sortie complète les déguisements Spider-Man de la boutique.

Les réserves : quand le vide est rempli par le reste du MCU

L'accueil reste favorable sans être unanime, et les réserves visent le même endroit : ce que le film fait de ce vide quand il cesse de le regarder en face. Le reproche le plus récurrent porte sur les concessions faites à l'univers Marvel élargi et sur la place réduite laissée au trio Peter, MJ et Ned. Edward Douglas, du Weekend Warrior, cité par Rotten Tomatoes, écrit que les scènes du trio sont les meilleures du film, « même si ces trois-là sont réunis bien moins souvent que dans n'importe quel opus précédent ».

Empire s'interroge sur l'utilité de l'apparition de Bruce Banner, Mark Ruffalo figurant au casting officiel. Dans sa critique quatre étoiles sur cinq, John Nugent reproche à l'irruption d'un autre héros Marvel de fracasser « not only buildings but also the narrative pace ». Rolling Stone, sous la plume de David Fear, y voit une mise en place cynique de futurs crossovers, et IndieWire estime que le film sert surtout à faire patienter. Consequence, à l'inverse, apprécie ces connexions : c'est un axe récurrent, pas un verdict majoritaire.

Owen Gleiberman, dans Variety, juge le film « half an hour too long » et plusieurs confrères évoquent un récit surchargé ; il conclut sur un long-métrage « watchable without ever being transporting ». William Bibbiani, par ailleurs enthousiaste, glisse que le plan du méchant ne tient pas debout une fois la séance terminée, et David Ehrlich trouve sa backstory convenue. Nous avons détaillé la galerie des adversaires dans notre article sur les vilains du film, prolongé par le dossier sur tous les ennemis du tisseur.

Au 29 juillet 2026, jour de sa sortie en France, le film affiche sur AlloCiné une note presse de 3,2 sur 5 pour 17 titres recensés et une note spectateurs de 4,2 sur 5 pour 268 notes, chiffres qui évoluent en continu. Dans The Guardian, Peter Bradshaw donne trois étoiles sur cinq : il salue Zendaya, qui selon lui « sauve » le film, juge l'ensemble trop familier, et conclut qu'« un reboot plus radical est nécessaire ». C'est une opinion de critique, pas un consensus.

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Un héros oublié du monde, mais pas du public

Il y a une ironie à voir un film sur l'oubli battre des records de préventes. Spider-Man: Brand New Day s'est imposé comme le plus gros pré-vendeur de billets de l'année 2026 sur Fandango. En France, selon le site spécialisé Zickma, il aurait réuni 12 421 spectateurs sur 26 copies aux premières séances parisiennes du 29 juillet 2026, devant No Way Home en son temps. Le détail figure dans notre article sur le box-office du film.

Ce que le film refuse encore de dire (léger spoiler de structure)

Avertissement : ces lignes décrivent la structure de fin, sans révéler d'événement du récit. Spider-Man: Brand New Day ne contient qu'une seule séquence bonus et aucune scène au milieu du générique. Rien ne se passe pendant le déroulé des noms, ce qui pousse beaucoup de spectateurs à quitter la salle : la scène arrive tout à la fin, après l'intégralité du générique et même après les logos des studios.

Elle est courte et volontairement sobre : aucun dialogue ni voix off, aucun acteur à l'écran, seulement l'interface du Spider-Tracker conçu par Ned Leeds, avant qu'un carton n'annonce « Spider-Man reviendra ». Ce carton ne nomme aucun film et n'avance aucune date, ni Avengers: Doomsday, ni Avengers: Secret Wars. Plusieurs critiques lui ont reproché son absence de révélation. Notre article sur la scène post-crédits et la fin expliquée détaille la question.

Côté calendrier, Brand New Day est le dernier film Marvel Studios avant Avengers: Doomsday, programmé au 18 décembre 2026 : aucun autre long-métrage ne s'intercale, même si la série Disney+ VisionQuest est annoncée le 14 octobre 2026. Ces dates peuvent évoluer, Doomsday ayant déjà été décalé de mai à décembre. Notre liste complète des films du MCU dans l'ordre chronologique reste la référence pour s'y retrouver.

Que revoir avant ou après la séance

Si vous ne devez revoir qu'un film, revoyez No Way Home. La plupart des guides recommandent d'y ajouter Homecoming et Far From Home, voire Captain America: Civil War, Avengers: Infinity War et Endgame. Certains élargissent la liste au bloc street-level, en raison de l'ancrage new-yorkais du film : Daredevil: Born Again et les contenus consacrés au Punisher, jugés quasi incontournables par plusieurs rédactions.

Deux précisions pratiques. D'après les guides publiés avant la sortie, notamment ScreenRant et The Mary Sue, Daredevil: Born Again relève du complément et non du prérequis ; mieux vaut néanmoins voir la saison 2 avant le film pour ne pas se faire divulgâcher son dénouement. She-Hulk : avocate (2022) est le complément facultatif le plus cité, dernière apparition en prises de vues réelles de Mark Ruffalo dans le MCU. Plusieurs médias jugent enfin très probable une apparition de Yelena Belova, ce qui fait de Thunderbolts* un rattrapage utile.

Pour prolonger la séance, le blog propose un guide pour être prêt pour l'événement, un décryptage de la bande-annonce finale et une présentation de la bande originale de Michael Giacchino. Côté boutique, les DVD et films Spider-Man reconstituent la trilogie, tandis que les t-shirts Spider-Man et les masques Spider-Man restent les entrées les plus demandées après chaque sortie. L'ensemble est cartographié dans notre page univers Spider-Man.

Pourquoi ce vide est le vrai sujet du film

Depuis 2017, la version cinématographique de Peter Parker s'était définie par ses mentors et ses appartenances : un adolescent encadré et corrigé, puis un jeune homme happé par des enjeux qui le dépassaient. Brand New Day retire tout cela d'un coup et regarde ce qui reste. Selon la quasi-totalité des critiques publiées à la sortie, il reste un homme endurci, dont la vulnérabilité ne vient plus de son inexpérience mais de sa perte. Le film ne demande pas si Peter peut encore sauver New York, mais pour qui il le fait.

C'est aussi ce que les critiques mettent en avant pour expliquer l'efficacité du recentrage sur la criminalité de rue. Un héros anonyme n'a plus de raison structurelle d'être convoqué dans une bataille planétaire : il n'existe dans aucun carnet d'adresses. Il lui reste sa ville, ses voisins, et un justicier trop violent pour être un ami mais assez lucide pour être un interlocuteur. Les critiques les plus élogieuses expliquent que ce rétrécissement est ce qui rend le film adulte ; les plus sévères y voient une attente avant les grands rendez-vous Marvel.

Reste le paradoxe qui donne au film sa charge la plus étrange. Le monde entier a oublié Peter Parker, mais des millions de spectateurs se souviennent de tout : du choix de No Way Home, de chaque étape de cette trilogie. Le public est le dernier témoin d'une existence effacée à l'intérieur de la fiction. Cette asymétrie entre un héros oublié de tous et un public qui se souvient de tout est le paradoxe sur lequel repose le film. Ce n'est pas un film sur un héros qui recommence, mais sur ce qu'il faut de force pour continuer sans public.

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